Les Héros de Coosma : Dague-o-dingue & Aryah




Dague-o-dingue, dit Dod, quittait le village d'Amakna, où elle était allée livrer une cargaison de planches fraîchement sciées, et prit vers le Nord-Est, en direction de la Forêt des Abraknydes.
Depuis quelques temps, les commandes de bois affluaient, depuis la découverte de nouvelles terres jusque là inexplorés, à l'ouest du monde des douze où les aventuriers les plus aguerris et les guildes les plus puissantes aimaient à établir de nouvelles demeures et constuire de nouveaux enclos.
Otomaï en effet était la terre promise pour certains, et tous les artisans et récolteurs avaient vu leur activité prendre leur essort, au vu des ressources par les autochtones.
Les uns après les autres, les aventuriers se mettaient en quête de les leur rapporter, et l'economie d'Amakna vivait de belles heures.
Bucheronne chevronnée, elle s'était bâtie une solide réputation de professionnelle en mettant au profit de son métier, l'agilité et la force qui la caractérisait.
Elle entra dans la forêt. Tout d'abord, elle sentit les parfums qu'elle connaissait si bien.
Les essences de bois, et l'herbe fraîchement foulés du pied, les rares orchidées freyesques au parfum envoûtant... Puis ce furent les sons familiers, les piaillement ca et là des pious et tofus égarés, le craquement des troncs d'arbres ancestraux, les effluves d'humus au petit matin, quand la rosée exhalait l'odeur des champchamp... Les sous bois étaient déserts, elle cessa le pas, prit une grande inspiration qui ennivra ses sens, puis regarda autour d'elle. La forêt était si belle ! Des rayons de lumière filtraient à travers les feuillages, et dessinaient des halos de lumière, révelant un écureuil furtif, une arakne pendue à son fil..... seule intruse dans le royaume de mère nature, elle semblait communier avec elle, comme l'aurait fait un disciplle Sadi. Cette matinée était si douce qu'elle décida de pousser plus avant sa ballade, et remonta un peu plus loin dans la forêt. Le bruit de ses pas était étouffé par les amas de feuilles mortes et les épais tapis de mousse verte. C'est ainsi qu'elle entendit d'assez loin les coups scandés par une hache, à n'en pas douter. Il était assez rare de rencontrer quelqu'un ici à cette heure, mais la perspective de discuter aver un confrère bucheron ne lui deplût pas, et elle orienta ses pas vers ce qu'elle imaginait être la source de ce bruit.
Elle s'en approcha de très près et.... ne vit rien tout d'abord. Quelque pas de plus...on coupait boen du bois ici: les secousses encaissées par les arbres en fesaient bouger les branches, l'odeur de la résine était caractéristique, mais personne en vue !!?!! Intriguée, elle écarta de la main un petit buisson et... vit contre toute attente: un petit bout de Xelorette ! A la voir manier la hache, Dod devinait chez cet être une tendance nettement marquée pour l'agilité, point commun avec elle, ce qui la rendit immédiatement sympathique à ses yeux.
- Avec quelle vigueur tu joues de ta hache, petite xelorette ! on croirait à te voir que tu es jeune et frêle, mais assurément, je ne voudrais pas être sous le tranchant de ta hache !
Couverte de sueur, la bucheronne s'interrompit et se tourna vers Dod
-une sram en ces bois..est-ce ma bourse que tu entends voler, mon équipement ou encore ma vie? est tu si peu sûre de toi que tu te faufiles derrière un arbre pour surprendre une proie isolée de tout, afin de mieux la détrousser ?!
-hola maître du temps, du calme, répondit Dod en riant, je n'ai nulle intention de te voler, la vérité est que j'aurais l'air fort fine à revêtir ton équipement, qui convients-en, m'irait un peu trop court !!
Un sifflement dans les airs, puis un bruit sourd, apprirent à dod que la hache venait de voler à un centimètre de son oreille, et était aller se jucher dans le tronc du chêne contre lequel son dos était appuyé. Dans un rictus, la Xel declara:
-Encore une remarque sur ma taille, et je veillerai à ce que mes habits soient desormais trop grands pour toi.
Un nuage pourpre fendit la lumière....et Dod réapparut derrière la xelorette:
- Tu ne manques pas de caractère toi alors! j'aime assez cela !
-Je suppose que si tu voulais me nuire ce serait dejà fait. Mes kamas sont toujours là, je pense que je peux te faire confiance. Saches que si moi, je voulais te nuire, c'est ta tête et non ce tronc qui servirait de support à ma hache à l'heure qu'il est!
-Hum, miss Xelor fait aussi preuve de sagesse!
-Miss Xelor a un patronyme, je suppose que toi aussi?
-Tu as raison, les convenances d'abord ! Je m'apelle Dague-o-dingue, Dod pour les intimes, a qui ai-je l'honneur?
-Aryah est mon nom.
-Eh bien bonjour à toi Aryah, alors dis moi un peu, que fais tu seule ici?
-En réalité, j'attend mon mari, parti pêcher dans la riviere Kawaii, a unord d'ici. Je suis d'ailleurs furieuse, il devrait être là depuis un moment, et je ne le vois pas arriver, je reconnais que défoulais ma colère sur ces troncs d'arbres quand tu m'as surprise !
-Voilà bien les femmes, se laisser gouverner par leurs sentiments ! Pourquoi lui en vouloir, il a peut être eu un souci en chemin?
-...Je reconnais avoir simplement pensé qu'il avait oublié mon rendez vous, il est un peu tête en l'air...mais maintenant que tu le dis, je me demande ...
-Loin de moi l'idée de t'affoler, mais certaines régions à l'ouest d'ici sont peu sures...
-Je ne suis pas certaine mais...pour peu qu'il ait été émerveillé par un papillon et qu'il l'ai suivi... crois tu qu'il soit passé par.... la Forêt des Abraknydes Sombres ?
-Je ne pense pas qu'il soit raisonnable de négliger une telle éventualité, il vaut envisager cette hypothèse, j'en ai peur...
-Que faire alors... Plus une minute à perdre, je me mets en route, et vais à sa recherche.
Dod réflechit à peine. Dans le fond, sa tresorerie attendra, un peu d'action ne lui ferait pas de mal, et il ne serait pas très prudent de laisser ce petit bout de femme se lancer seule dans ses recherches, au fin fond d'une forêt hostile.
-Je te propose mon aide Aryah, je t'assisterai dans ta quête si tu le veux, bien qu'il me semble que tu sois de taille à te defendre seule!
-Je te suis reconnaissante, et accepte avec joie
Les deux compagnes prirent donc la route ensemble (quand Dod fesait un pas, Aryah en faisait trois), et chemin faisant, elles se contèrent tout à tour leurs palpitante aventures...


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